Appel à contributions

antiAtlas Journal n°03 – Fragiles frontières : État, frontière et violence

Ce numéro de l’antiAtlas Journal s’intéressera aux frontières marquées par la violence des conflits armés (« rébellion », « terrorisme », « post-conflit », voisinage avec des « zones de conflit »…). L’État s’y trouve localement défié, dans son monopole d’exercice et de délégation de la violence, par des groupes armés se réclamant de nouvelles frontières, religieuses pour redéfinir des espaces théocratiques ou des proximités culturelles pour substituer au territoire national existant des territoires plus ou moins autonomes. Zones parcourues voire partiellement gouvernées par des groupes armés non étatiques, certaines frontières deviennent ainsi « fragiles », sans pour autant que les États perdent leur souveraineté sur le reste de leur territoire ou sur d’autres points frontières. Cette fragilité va de l’abandon de la frontière par tous les appareils d’État à la contrainte imposée par les populations aux fonctionnaires de négocier leur présence en frontière, en passant par une gouvernance de la frontière où tous les appareils civils d’État sont placés sous une autorité militaire, nationale ou internationale. En dépit de leur fragilité, ces frontières continuent d’assurer leur fonction locale de ressource politique, économique et symbolique. Même si les modalités de circulation changent, des marchandises légales et illégales et des personnes continuent de franchir les frontières, de façon plus ou moins formelle. La violence en frontière a ceci de paradoxal qu’elle crée une situation de crise mais ne doit pas être un facteur de blocage des flux, en particulier marchands, au risque de créer un désert économique et d’affaiblir ainsi la crédibilité politique des groupes armés dans leur prétention à gouverner donc à assurer la sécurité des échanges et des mouvements transfrontaliers.

La question majeure posée par les gouvernants, les militaires et les fonctionnaires, est de savoir comment « restaurer l’autorité de l’État » en frontière. Si cette question est légitime, toute tentative de réponse invite à faire deux constats préalables. Le premier est que sur ces frontières l’État perd sa centralité, localement, comme acteur voire comme idée. Le second constat est que la sécurité ou la stabilité en frontière n’est pas un projet propre à l’État, il ne peut donc légitimer une restauration de l’autorité de l’État à lui seul. C’est le parti-pris de ce numéro sur des frontières, a priori fragilisées par la violence, que d’inviter experts, chercheurs et artistes à un double effort, conceptuel et pratique : penser la frontière et la sécurité d’abord sans l’État, à partir de situations extrêmes, dans un domaine où les réponses politiques et techniques habituellement formulées reposent sur le postulat non discuté de la présence « naturelle » de l’État aux frontières.

La question de la sécurité aux frontières ayant déjà été abondamment traitée, il est donc attendu des contributions qu’elles proposent des démarches originales. Les contributions qui associeront différentes perspectives, d’artistes, d’experts et de chercheurs dans des formes d’interactions permettant de renouveler les approches thématiques feront l’objet d’une attention particulière, de même que celles qui ne se limiteront pas aux situations contemporaines. Chaque contribution ne devra pas excéder 6000 mots. Compte tenu de la forme éditoriale spécifique d’antiAtlas Journal, les textes devront être accompagnés d’une importante iconographie : photographies, vidéos, graphiques, dessins, cartes, etc. Pour des exemples, voir le numéro 1 en ligne.

Editeurs scientifiques : Mourad Arfaoui (Organisation mondiale des douanes, Laboratoire d’Economie et de Finance appliquée de Université de Carthage), Thomas Cantens (Organisation mondiale des douanes, École d’économie de l’Université d’Auvergne), Gaël Raballand (Banque mondiale, Institut Choiseul).

Photographie © Eduardo Soteras, 2010.

Calendrier

1. Envoi des propositions pour le 1er octobre 2016

– Les propositions de contribution sont à envoyer en français ou en anglais, elles incluront un texte de 1 000 mots et quelques éléments iconographiques (photos, vidéos, graphiques, dessins, cartes, etc) sous format PDF.
– Elles sont à adresser par mail en format word avant le 1er octobre 2016 au coordinateur du numéro : thomas.cantens AT wcoomd DOT org

2. Sélection des contributeurs 30 octobre 2016

3. Envoi des articles complets 1er mars 2017, longueur maximum de 6000 mots

4. Publication de la version française octobre 2017

5. Publication de la version anglais décembre 2017

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