antiAtlas Journal – Appels à contributions

Appel à contributions antiAtlas Journal #5 :
Hétérographies – Formes et dispositifs d’écritures

COORDINATION
Eléonore Armanet, Thierry Fournier, Cédric Parizot et Manoël Pénicaud

Lauren McCarthy Autocomplete

Image : Lauren Lee McCarthy, Autocomplete, 2020, vue d’exposition, Selphish, Mécènes du sud Montpellier-Sète, curateurs et crédit photo Thierry Fournier et Pau Waelder.

Le numéro Hétérographies trouve son point de départ dans une réflexion engagée au sein de l’Institut d’ethnologie méditerranéenne européenne et comparative d’Aix-en-Provence (IDEMEC), à partir d’une relecture croisée des travaux de Michel de Certeau sur l’écriture et de ceux d’André Leroi-Gourhan sur le « style ethnique ». Selon ce dernier, le style a une fonction de particularisation et contribue à fonder l’identité du groupe » (1). En cherchant à comprendre les manières dont les humains s’écrivent eux-mêmes et écrivent « leurs autres », nous soutenons que l’écriture génère un style et, à l’inverse, que cette singularisation suscite une altérité et constitue une pratique de la différence, tout comme les « hétérologies » de Michel de Certeau sont des « discours sur l’autre » (2). Le néologisme d’« hétérographie » est donc tout d’abord à entendre comme « écriture de la différence ». Il ne désigne pas seulement la communication d’une pensée qui lui serait préalable, mais renvoie davantage au processus et aux dispositifs de sa construction et de sa matérialisation.

La mobilisation du terme « hétérographie » vise donc à saisir de quelles manières les humains se représentent et mettent en scène le monde de façon différentielle. Car si l’écriture permet de soutenir un rapport au réel, on observe aujourd’hui une multiplication historique des régimes scripturaires, dans un contexte post-numérique. Le préfixe « post » ne désigne pas ici un période temporelle (l’après-numérique), mais le fait que les effets du numérique sont désormais sensibles partout, constitutifs de l’ensemble de nos pratiques et de nos représentations.

Le présent appel porte sur les enjeux de la démultiplication des modes d’écritures au sein des sciences humaines et sociales et de l’art. Les chercheuses et les chercheurs ont amplement souligné l’influence des formes d’écriture sur leurs modalités d’observation, d’analyse et de diffusion de leur recherche. Quant aux artistes, ils déploient de multiples formes d’écritures comme dispositifs critiques, tout en interrogeant aussi leurs rôles et ceux du texte dans les sociétés contemporaines. En quoi ces évolutions infléchissent-elles notre rapport au monde ? En quoi modifient-elles les objets de recherche et/ou de création, ainsi que leurs modes de diffusion ? Quels défis méthodologiques, éthiques et épistémologiques posent-elles ? Les artistes, les chercheurs et les chercheuses inventent-ils des projets communs autour des formes et dispositifs d’écritures ?

Cet appel à propositions s’adresse aux chercheuses et aux chercheurs en sciences humaines et sociales (anthropologues, sociologues, historiens, géographes, etc.) qui expérimentent d’autres formes d’écritures que le texte (documentaire, muséographie, etc.) et/ou qui intègrent la pratique artistique à leur processus de recherche. L’appel s’adresse également aux artistes dont la démarche comprend une réflexion sur le rôle des formes d’écritures.

L’antiAtlas Journal constitue lui-même un dispositif hétérographique : il offre un espace éditorial exploratoire, dont les auteurs·et les autrices sont expressément invité·es à s’emparer. Les « articles – paysages » que propose la revue sont en effet organisés en nappe sur une très grande page dans laquelle on circule librement, en éprouvant des relations variées entre les textes et les médias. 

Il est donc capital que chaque auteur·trice soumette, dès le présent appel à contributions, et en même temps que son texte, un grand nombre d’images, croquis, schémas, cartes, vidéos et sons en dialogue constant avec son propos. On l’aura compris, loin d’être réduits à une dimension illustrative, ces éléments multimédia sont entièrement constitutifs du sens même des articles. On consultera à cet effet la charte que doit observer chaque auteur·trice :  https://www.antiatlas-journal.net/antiAtlas-Journal-charter.pdf

(1) Leroi-Gourhan (1964), Le Geste et la parole II, La mémoire et les rythmes. Paris, Albin-Michel, p. 89-94.
(2) Michel de Certeau (1975), L’Écriture de l’histoire. Paris, Gallimard, p. 16.

CALENDRIER

Envoi des propositions : au plus tard le 14 décembre 2020. Les propositions de contributions sont à envoyer en français ou en anglais. 

Compte tenu de la forme éditoriale spécifique d’antiAtlas Journal, les propositions incluront un texte d’un maximum de 6000 signes, avec une part substantielle d’éléments iconographiques et/ou multimédias pré-légendés (photographies, vidéos, graphiques, dessins, cartes, enregistrements audio…). Le document sera au format .doc et .pdf

Il est à adresser par mail aux coordonnateurs du numéro : Eléonore Armanet (armanet AT mmsh.univ-aix.fr), Thierry Fournier (thierry AT thierryfournier.net), Cédric Parizot (parizot AT gmail.com) et Manoël Pénicaud (manoelpenicaud AT gmail.com) et la revue antiAtlas (postmaster AT antiatlas-journal.net)

Sélection des contributeurs : 15 janvier 2020  

Envoi des articles finalisés (au maximum 45000 signes + éléments multimédia aux formats définis par la charte de l’antiAtlas Journal) : 15 mai 2021. Les articles soumis devront impérativement respecter la charte de l’antiAtlas Journal: https://www.antiatlas-journal.net/antiAtlas-Journal-charter.pdf

Publication dans l’antiAtlas Journal #5 : janvier 2022

Appel à contributions antiAtlas Journal #6 :
Air Deportation

COORDINATION
William Walters, Clara Lecadet, Cédric Parizot

Adrian Paci, Centro di permanenza temporanea, 2007, photogramme. Courtesy de l’artiste et de Kaufmann Repetto Milan / New York, et Peter Kilchmann, Zurich

L’aviation est une infrastructure clef à laquelle les gouvernements du Nord, en particulier, ont recours pour éloigner les étrangers visés par une mesure d’expulsion. Nous choisissons le terme d’« expulsion aérienne » pour désigner ce système de mobilité forcée. De manière occasionnelle, les expulsions par voie aérienne deviennent visibles, soit parce que la lutte d’un expulsé gagne une attention médiatique, soit parce qu’un groupe d’activistes critique la complicité de la compagnie dans cette migration forcée, soit encore parce qu’un gouvernement décide de faire de l’affrètement d’un vol charter une opération médiatique. Mais la plupart du temps, les expulsions par voie aérienne passent sous les radars. Alors que des activistes, des journalistes, des organisations de défense des droits de l’homme et des artistes ont attiré l’attention sur les formes particulières de violence et de secret qui accompagnent l’expulsion par les airs, notre connaissance de ses enjeux pour les luttes des migrants et des réfugiés, la gouvernance des frontières et des migrations, ou le devenir de nos sociétés, est bien moins développée. De la même manière, notre compréhension de ses ramifications dans les aéroports et les pays de destination est très limitée.

Comment les différents aspects de l’aviation interagissent-ils avec les pratiques d’expulsion et les politiques des États ? De quelles manières l’aviation renforce-t-elle le pouvoir de ces derniers, en donnant à leurs rêves de contrôle des migrations une portée mondiale, une flexibilité et une force d’intimidation ? Au même moment et inversement, de quelles manières l’aviation produit-elle de nouvelles formes de gestion et des bouleversements dans l’application des lois sur l’immigration ? De quelles façons l’iconographie de l’aviation – logos, livrées, symboles, etc. – est-elle devenue un contre-langage pour le militantisme anti-expulsion ? Que se passe-t-il au niveau des expulsions aériennes alors que l’aviation, le confinement, et les institutions qui participent de cette infrastructure sont toutes devenues vectrices de coronavirus ?

Ce numéro de l’antiAtlas Journal abordera ces questions en confrontant différentes contributions de chercheurs, de militants, d’experts, de journalistes et d’artistes. Son objectif est à la fois de documenter et d’approfondir la compréhension de cette technologie de contrôle, qui en fonction des circonstances, peut être délibérément rendue publique ou, au contraire, invisibilisée et tenue secrète par les gouvernements, tout comme les luttes qui s’y opposent. Nous cherchons à explorer l’expulsion aérienne à différentes échelles et à partir de multiples perspectives. Nos perceptions des espaces frontaliers (« borderscapes ») et des migrations sont envahies d’images maritimes (bâteaux, naufrages, mers, etc.) qui ne sont jamais innocentes. Les aéronefs, les routes aériennes et les aéroports sont également constitutifs du monde des migrations et doivent être étudiés.

Nous envisageons ce numéro de l’antiAtlas Journal comme une opportunité de penser plus largement les géographies aériennes et le pouvoir aérien qui à la fois façonnent les politiques, les processus et les identités migratoires, et sont façonnés par elles, ainsi que les mutations des frontières et des espaces de nos mondes contemporains.

Cet appel à contributions est ouvert à différents formats incluant des articles scientifiques, des essais, des photographies, des interviews, des œuvres documentaires ou artistiques. Nous sommes particulièrement intéressé.e.s par les thèmes et les angles suivants :

– Des explorations des pratiques d’expulsion par voie aérienne dans différents pays et régions du monde
– Des études de l’expulsion par voie aérienne à partir de la perspective des pays de « transit » ou des pays « d’accueil »
– Des enquêtes autour du champ visuel de l’expulsion par voie aérienne, incluant les productions des collectifs ou des mouvements de solidarité luttant contre les expulsions
– Cartographies – classiques et/ou alternatives – des routes et des infrastructures de l’expulsion par voie aérienne
– Des recherches sur certaines compagnies, institutions ou mesures politiques (cf. les opérations de retour conjoint organisées par Frontex)
– Témoignages d’expériences vécues ou concernant l’organisation logistique et les politiques d’expulsion
– Recherches menées auprès de pilotes de lignes, d’équipages, de passagers, de médecins, de personnels de sécurité, d’agents de voyage, d’humanitaires et auprès de toutes les autres personnes et autorités impliquées dans le processus d’expulsion
– Travaux collaboratifs entre des journalistes, des chercheurs.ses, des artistes et militant.es.

L’antiAtlas Journal constitue offre un espace éditorial exploratoire, dont les auteurs·trices sont expressément invité·es à s’emparer. Les “articles-paysages” que propose la revue sont en effet organisés chaque fois en nappe sur une très grande page sur laquelle on circule librement, en éprouvant des relations variées entre les textes et les médias.

Nous encourageons donc chaque auteur·trice d’article ou de texte, à soumettre, dès le présent appel à contributions, un grand nombre d’images, croquis, schémas, cartes, vidéos et sons en dialogue constant avec son propos. On aura compris que loin d’être réduits à une dimension illustrative, ces éléments multimédias sont entièrement constitutifs du sens même des articles. On consultera à cet effet la charte que doit observer chaque auteur·trice à l’adresse suivante :  https://www.antiatlas-journal.net/antiAtlas-Journal-charter.pdf

Si cela s’avère nécessaire, le comité éditorial de l’antiAtlas Journal pourra accompagner les auteurs.trices pour collecter et intégrer l’iconographie ou la documentation pertinente pour leurs articles.

Il est également possible de soumettre des photos, des vidéos, des interviews – qu’elles relèvent de pratiques documentaires ou artistiques – sans qu’elles soient intégrées dans un article. Elles pourront alors être mobilisées par le comité éditorial qui les articulera aux articles académiques et aux autres formes de textes.

CALENDRIER

Envoi des propositions au plus tard le 14 décembre 2020. Les propositions de contribution sont à envoyer en français ou en anglais. 

Compte tenu de la forme éditoriale spécifique d’antiAtlas Journal, les propositions incluront un texte de 6000 signes, avec une part substantielle d’éléments iconographiques et/ou multimédias pré-légendés (photographies, vidéos, graphiques, dessins, cartes, enregistrements audio…). 
Le document sera au format .doc et .pdf

Il est à adresser par mail aux coordonnateurs du numéro : william.walters [at] carleton.ca, clara.lecadet [at] wanadoo.fr, cedric.parizot [at] gmail.com et la revue antiAtlas (postmaster AT antiatlas-journal.net)

Sélection des contributeurs : 15 janvier 2020  

Envoi des articles définitifs (45000 signes plus ou moins 10% + éléments multimédia au format définis par la charte) : 15 mai 2021. Pour être acceptés, les articles soumis devront impérativement respecter la charte de l’antiAtlas Journal: https://www.antiatlas-journal.net/antiAtlas-Journal-charter.pdf

Publication dans l’antiAtlas Journal #6 : octobre 2021

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